Dynamique de l'hétérogénité : la résultante de l'interaction entre l'herbe et l'animal

Photo : F.Louault, INRA-UREP
Photo : F.Louault, INRA-UREP
Au pâturage, l’animal a une utilisation non homogène de l’espace. Il en résulte une hétérogénéité spatiale (structurale) qui à terme peut s’organiser et modifier les fonctionnements locaux. La sélection alimentaire, associée à des croissances différenciées de la végétation, génère de l’hétérogénéité et pilote la dynamique locale de la végétation. C’est un processus dynamique qui s’explique par le développement phénologique de la végétation et l’évolution de la valeur nutritive de cette dernière au cours de la saison de croissance (apparition des tissus reproducteurs plus riches en fibre, moins appétants et moins digestibles). La composition botanique à l’échelle locale et ses propriétés fourragères va affecter l’utilisation que va en faire l’animal, et constitue donc un facteur de stabilité de la structure du couvert végétal (effet attractif ou répulsif). En ce sens l’hétérogénéité structurale, en diversifiant les habitats, va favoriser la diversité végétale et animale et permettre la coexistence d’un plus grand nombre d’espèces sur la parcelle (coexistence de différentes stratégies ; différentiation de niche).

Photo : F.Louault, INRA-UREP
Photo : F.Louault, INRA-UREP
Dans les zones plus hautes (appelées aussi zones de refus), souvent associées à des déjections animales, la biomasse s’accumule et la végétation vieillit du fait d’une faible appétence pour l’animal. Dans ces zones vont dominer des espèces supportant une accumulation de biomasse sur pied. La qualité du fourrage baisse à cause d’une plus forte sénescence ou d’une présence importante de tissus reproducteurs (forte teneur en fibre, teneur en azote plus faible). La compétition pour la lumière va, à terme, sélectionner des espèces de plus grande taille à port érigé.