C’est la relation de l’éleveur à ses animaux qui définit la pratique d’élevage
Si l’on se concentre sur les élevages européens, on constate aussi que les relations de l’éleveur à ses animaux couvrent un gradient beaucoup plus large qu’il n’y paraît et que le rapport aux animaux n’est pas lié au degré de spécialisation et d’intensification du système. En fonction de la conception qu’a l’éleveur de son métier, de la façon dont il conçoit l’animal domestique et ce qu’il entend par bien-être animal, il se dégage ainsi plusieurs profils d’éleveurs (Dockes et Kling-Eveillard, 2006) résumés dans ce tableau :
éleveur... | Conception métier | Conception animale | Conception bien-être |
Pour les vaches | Par choix et par passion. Métier qui n’a que des avantages | Fait partie de la vie de l’éleveur. Animal sensible avec lequel il communique et s’attache | Satisfaire les besoins physiologiques, comportementaux, psychologiques en dehors de l’impact sur les performances |
Avec les vaches | Par tradition. Métier avec des avantages et des contraintes | Animal sensible avec lequel il communique mais sans s’attacher | Satisfaire les besoins physiologiques, comportementaux, psychologiques parce que cela a un impact sur la production |
Malgré les vaches | Par choix économique | Animal sensible auquel il est attentif mais totalement instrumentalisé pour produire | Satisfaire les besoins physiologiques, comportementaux pour atteindre les objectifs |
Pour la technique | Par choix pour l’aspect technique du métier | La relation à l’animal n’est pas centrale. L’animal est un outil de production dont on prend soin pour atteindre ses objectifs | Satisfaire les besoins physiologiques car si les performances sont bonnes c’est que l’animal est bien |