Comparaison entre les appareils digestifs de différents mammifères

Chez les mammifères, l’appareil digestif est composé d’une bouche, d’un æsophage, d’un estomac, d’un intestin grêle et d’un gros intestin. La digestion des aliments en nutriments est possible par des phénomènes mécaniques (digestion mécanique), chimiques ou enzymatiques (digestion chimique) et/ou microbiens (digestion microbienne). Les phénomènes chimiques et microbiens sont variables selon les tubes digestifs. Les caractéristiques des organes du tube digestif varient selon les mammifères et leur régime alimentaire. Ainsi les herbivores doivent pouvoir digérer de l’herbe. Pour cela, soit ils ont un estomac à 4 poches, soit ils ont des adaptations particulières au niveau du gros intestin (cheval, lapin,...). Les lieux de digestion microbienne ou chimique et d’absorption varient selon les spécificités des tubes digestifs.
Fonctionnement détaillé du système digestif des ruminants
Le rumen est un écosystème où les bactéries, les protozoaires et les champignons cohabitent. Les bactéries représentent 50 % de la biomasse des micro-organismes.
Plus de 200 espèces différentes sont recensées.
Les bactéries peuvent être regroupées en plusieurs catégories dont deux sont importantes en termes de gestion de la digestion :
- les bactéries amylolitiques qui dégradent l’amidon. Leur action est optimale à un pH entre 5 et 6.
- les bactéries cellulolytiques qui dégradent la cellulose (fibres). Leur action est optimale à un pH>6.
Les protozoaires représentent 40 % de la biomasse du rumen et dégradent les constituants organiques (phagocytose). Leur action est optimale dans un pH entre 6 et 7.
Les champignons représentent 8-10 % de la biomasse du rumen et dégradent les constituants organiques. Leur nourriture correspond à celle ingérée par l’herbivore. La composition de cette nourriture aura une incidence sur le pH du rumen, soit en raison du pouvoir plus ou moins acidogène des aliments, soit en orientant les micro-organismes qui vont les dégrader. Par exemple, une ration riche en amidon favorisera les cellules amylolitiques qui se développeront et acidifieront l’écosystème, habitat alors moins favorable aux autres micro-organismes.
