Acceptabilité des élevages par la société en France

Acceptabilité des élevages par la société en France Une controverse naît d’une incertitude, de l’absence de consensus scientifique et social sur un sujet à enjeu pour le public. L’enjeu pour les adversaires est de défendre leurs intérêts et de rallier un public à leur cause. La controverse se nourrit de la tendance croissante des citoyens à remettre en cause l’impartialité des scientifiques et des experts. Analyser une controverse c’est décrire les acteurs engagés dans le débat, les rapports de force, les arguments échangés et les publics concernés.
La controverse sur l’élevage confronte deux mondes : le monde associatif et le monde professionnel de l’élevage qui s’affrontent pour convaincre les citoyens et les consommateurs.

Texte inspiré de : Delanoue et Roguet (2015)

La controverse sur l'élevage

Les quatre grands registres d’incertitude autour de l’élevage :

Elevage et environnement

Des préoccupations entourent l’impact environnemental qu’ont les exploitations d’élevage. Sont débattus la contribution de l’élevage à la pollution de l’eau (par ses effluents notamment), son impact sur le climat (au travers des émissions de gaz à effet de serre), la manière de nourrir les animaux (en particulier les aliments OGM), son utilisation de ressources (eau, énergie, terres), et plus localement les nuisances (odeurs, bruit).

Conditions de vie des animaux et éthique

Des préocupations concernent le logement des animaux et en particulier l’accès au plein air et à l’herbe, l’éclairage (naturel ou non), le confort des litières, la liberté de mouvement et les densités d’animaux. D’autres questionnements entourent l’arrêt de certaines pratiques ou la prise en charge de la douleur occasionnée, qu’elle soit physique (écornage des ruminants, coupe de la queue des porcelets, épointage du bec des volailles, etc) ou psychologique (séparation des vaches et de leur veau, isolement, ennui, etc.). Depuis peu, c’est la légitimité même de l’exploitation animale par l’humain qui est questionnée par certains.

Impact sanitaire de l'élevage et de ses produits

L’utilisation des antibiotiques en élevage et les crises sanitaires sont une source d’inquiétude croissante. Le risque d’antibiorésistance en médecine humaine et les différentes crises sanitaires des 20 dernières années (ESB, grippe aviaire, fièvre aphteuse, salmonelle, etc.) déclenchent des débats vifs et contribuent à détériorer la confiance envers la sécurité sanitaire des élevages et des aliments. Plus largement, l’impact sur la santé de la consommation de produits animaux est largement débattu, entre les qualités nutritionnelles de ces aliments (qualité de protéines, fer, vitamines) et l’augmentation des risques de cancers ou de maladies cardiovasculaires en cas de consommation excessive.

Modèles d'élevage

L’intensification et la concentration géographique et structurelle de l’élevage sont contestées. L’élevage intensif est spécifiquement interrogé car il cumule des désaccords éthiques (maltraitance des humains, des animaux et de l’environnement) et économiques (l’éleveur sous couvert de rentabilité, diminue ses coûts de production, parfois au détriment de sa propre rétribution, pour offrir des aliments peu onéreux au consommateur). Le qualificatif «d’industriel», souvent associé à l’élevage intensif, traduit une perception de l’élevage où les animaux sont en grand nombre, en bâtiments, sans accès ni à l’air libre, ni à la lumière du jour. La répartition géographique des élevages, majoritairement en Bretagne, est également contestée, notamment pour des raisons écologiques (excédents d’azote, concentration sur des surfaces limitées,...).