L’agroécologie est une discipline scientifique à l’interface entre l’agronomie et l’écologie

L’objectif est d’améliorer le fonctionnement des systèmes agricoles. Pour cela les questions sont posées à l’échelle du système (approche systémique) et l’objet d’étude est hybride : l’agroécosystème. C’est pour cela que l’agroécologie se définit comme l’application des concepts et des principes de l’écologie à la conception et à la gestion d’agroécosystèmes durables. Dans l’approche agroécologique, ce qui est recherché c’est concevoir des systèmes qui visent un recours accru à des régulations biologiques afin d’obtenir des systèmes productifs mais moins dépendants des intrants.


Favoriser des systèmes liés à leur environnement physique et qui cherchent à valoriser les interactions entre composantes du système (dont productions végétales), c’est-à-dire des systèmes qui considèrent la biodiversité comme une ressource et qui cherchent à la préserver ; enfin, dans cette approche, la production d’aliments et l’intégrité de l’agroécosystème sont placés à un même niveau de priorité.
Développer une démarche agroécologique implique un nouveau regard sur les potentiels par rapport aux systèmes conventionnels. Cela concerne en particulier la prise en compte du contexte local et des potentialités du milieu afin d’assurer une production stable sur le long terme et non pas maximale à court terme. Cela implique de développer une stratégie d’exploitation intégrée à l’échelle de la carrière animale, et non pas uniquement sur ses performances sur une saison de lactation par exemple.
Il convient aussi de mieux intégrer la notion de risque dans la conception du système d’élevage, en particulier en prenant en compte une dépendance plus étroite aux conditions pédoclimatiques que dans les systèmes conventionnels : une sécheresse printanière peut limiter la pousse de l’herbe et remettre en cause les stocks. Anticiper et sécuriser le système fourrager devient une priorité pour réduire sa sensibilité aux aléas climatiques. Une réduction des intrants permettra de gagner en autonomie décisionnelle et de mieux maîtriser ses coûts de production en réduisant les charges (favorable au bilan économique). De même la diversification des productions (systèmes mixtes, plusieurs ateliers de production complémentaires) peut permettre de stabiliser le revenu et de diminuer les aléas du marché. Produire autre chose que de la matière première et mieux valoriser les services rendus peut constituer une option à développer dans le cadre des politiques publiques.
- Dumont B., L. Fortun-Lamothe, M. Jouven, M. Thomas and M. Tichit (2013)
- Prospects from agroecology and industrial ecology for animal production in the 21st century. Animal. 7:6, pp 1028–1043